Exprimez-vous !

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Le web 2.0, ce n’est plus vraiment du nouveau. On en parle depuis un certain nombre d’années, et, depuis que le marketing s’en est emparé, peut-être même un peu trop à mon goût. Pourtant, il y a un élément de cette soi-disant deuxième édition de la toile qui m’intrigue au plus haut degré et qu’on ne saurait trop louer. C’est la prise en compte des internautes, et pas seulement comme consommateurs de ce qu’un site propose, mais comme contributeurs, comme des entités douées de la faculté de penser et de porter jugement, auxquels on donne les moyens de s’exprimer. Le plus souvent, cela se fait par commentaire, mais certains blogs et / ou sites offrent même la possibilité de contribuer des articles. Le contenu est donc dynamisé, analysé, mis en question. Bref – vivant.

Maintenant, qu’en est-il de la littérature dans le contexte de la toile 2.0 (oui, j’ai la prétention de considérer mon roman comme de la littérature – bonne ou mauvaise, cela reste à déterminer, mais de la littérature de toute façon) ?

Les siècles précédents nous ont légué un drôle d’héritage à propos de la conception des œuvres d’Art. Si le culte du génie du XVIIIe a installé l’auteur (le peintre, le sculpteur, etc.) dans le rôle de véritable démiurge, le XIXe, par son souci d’authenticité et d’originalité (prise ici dans son rapport avec « origine »), a contribué à concevoir une ouvre d’Art comme une création définitive, inaltérable, dont l’original (!) doit exister, quelque part, et qu’on doit, dans le cas idéal, reconstituer. D’où les innombrables efforts des philologues à propos des textes du Moyen Âge, les éditions historico-critiques, l’introduction abusive du positivisme dans les Beaux-Arts… Ce phénomène n’est pas réservé à la seule littérature, et des efforts se déploient dans tous les domaines pour pouvoir arriver à une œuvre originale et authentique.

Cette conception de l’Art est mise en question depuis le XXe siècle, et des artistes se sont introduits jusque dans les musées pour « faire évoluer » l’art de leurs prédécesseurs.

Mais pourquoi cette longue digression ? Parce que je pense que l’interactivité d’internet est une des meilleures façons de faire fonctionner une nouvelle conception du processus créateur. D’aborder la littérature comme un phénomène de société. D’impliquer le public dans la création de ce qui lui est destiné.

Le roman que je vous propose sous le titre de « L’Aventure de Nathalie » est « terminé ». Dans la mesure où un morceau de littérature peut être terminé. Avant de publier les deux chapitres quotidiens, je me relis, et j’apporte des changements à chaque fois. Parfois, se sont de simples fautes qu’il faut corriger, mais, dans la plupart des cas, c’est un choix de style, un changement de dialogue, le remplacement d’un mot, la réécriture de tout un paragraphe. Il me semble que l’acte d’écriture a tout le potentiel d’être interminable. Il y a toujours des changements qui s’imposent, qui offrent la perspective différente du contenu dont ils sont chargés et dont ils chargent le texte. Des façons différentes de ressentir  – et de dire ! – une chose. Et, même avec un caractère donné, même un personnage de roman peut réagir de plusieurs façons aux situations auxquels on l’expose.

Une version définitive, absolue, non plus ultra, qui résume de la meilleure façon « la pensée » de l’auteur, cela n’existe tout simplement pas. Tout peut se dire et se redire de façons différentes, et la façon de dire et d’écrire changera en fonction du public. Et il ne faut pas répéter ici tout ce que l’on a dit à propos du rôle de l’inconscient dans la création.

Je me suis donné assez de peine pour ajouter un outil sophistiqué au site de mon roman. Il s’agit des outils de commentaires, développés par IntenseDebate, qui facilitent le débat en permettant de s’abonner de façons multiples pour rester au courant des affaires. Jusqu’ici, mon public montre une certaine réticence à s’en servir. Ce qui est dommage, parce que j’attends impatiemment vos commentaires, vos avis, vos opinions, vos démolissages, votre indignation, vos condamnations. Et peut-être même, parfois, un mot bienveillant et encourageant. Si vous trouvez que j’ai mal tourné une phrase, dites-le. Si vous découvrez un anachronisme, une phrase incompatible avec le caractère des personnages, partagez votre découverte avec d’autres internautes. Si vous pensez que je suis indécent, n’hésitez pas de me le démontrer.

Je serais vraiment heureux si l’un ou l’autre de mes lecteurs pouvait se décider à sortir du silence pour prendre une position à propos de ce que j’ai écrit. Cela me montrerait que le récit des aventures de Nathalie et de Stefan ne laisse pas indifférent.

Bien cordialement,

Thomas Galley

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3 Responses
  1. claire says:

    Bonjour Tom,
    Je comprends ton élan et ton désir d'avoir des commentaires. C'est tout à fait légitime et vibrant.
    Moi je suis une mauvaise 'critique' pour plusieurs raisons:
    – Je n'ai vraiment rien à dire sur ton style que je trouve superbe. Mais les compliments, ça oui, je peux ! 😉
    – Je ne suis pas assez calée (même très peu) sur l'histoire de l'art, l'histoire biblique, etc. Je me contente donc de lire et d'apprécier, tout simplement.

  2. claire says:

    Tout le monde n'a peut-etre pas encore commençé à lire? Pour être honnête, j'ai lu le début et puis j'ai préféré attendre qu'il y aie plus de chapitres pour lire la suite 😉

    Il n'y a pas forcément à dire pour apprécier…

    Je comprends ta position par rapport à la différence entre une oeuvre d'avant le web, et une oeuvre de nos jours sur le web.
    Cependant, le fait de mettre quelque chose sur le web n'oblige personne à déposer quoi que ce soit comme commentaire. Et heureusement…

    Bien souvent il nous faut la fin d'une lecture ou la fin d'un film pour émettre une opinon. Parfois il nous faut revoir une image ou une peinture plusieurs fois pour émettre un avis.

    Sois patient, tu as réalisé un de tes rêves en écrivant cette histoire, et tu nous fais à présent le fabuleux cadeau de ce partage. il faut un peu de temps qu'elle soit vue et lue.

    Je t'embrasse ! Claire

  3. Il n'y a aucune obligation de laisser des commentaires. Évidemment. Et je suis très content de chaque passage, même s'il n'en reste pas d'autres traces que celles répertoriées par Google Analytics.

    C'est peut-être la situation de celui qui a choisi de s'exprimer en Français, en Allemagne, qui me fait rechercher des contacts avec plus d'insistance, pour remédier à un certain isolement "culturel".

    Avant de conclure, une remarque à propos de ton aptitude à la critique : Ce roman ne s'adresse pas du tout aux spécialistes de l'architecture médiévale ou aux théologiens (si, par hasard il y en avait, je ne voudrais pas vous décourager, hein ?), et j'aimerais justement savoir quelles cordes ces images et ces descriptions font vibrer.

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